les invités :

 

young hee kang

artiste Installateur

art contemporain installation à base de matériaux d'étanchéité

Lorsque j’ai décidé de quitter mon pays, j’étais une fille qui aimait dire le mot, ‘joli’. Il y avait dans ce mot quelque chose qui me grattait le cœur comme une cicatrice ; une plaie oubliée qui était là depuis longtemps. En murmurant ce mot, « joli », je sentais une tendresse extrême et je me disais souvent que c’est cela, la beauté. A ce moment-là, je ne savais pas du tout ce que j’allais faire en France, mais je suis arrivée ici en espérant trouver la forme de « mes jolies choses ».


 

gallerie de Young hee Kang

La plupart de mes travaux se sont construit sous la forme d’installations (Ce peut être une histoire, une scène, ou un paysage). Mon travail est très influencé par l’univers fantastique des contes, l’univers onirique, les histoires innocentes mais cruelles. Dans celles ci, je m’intéresse surtout aux moments  ‘‘limites’’ entre ce que l’on espère et ce qui se passe inévitablement ; je voudrais pouvoir prolonger cet instant, cette attente entre peur et plaisir, ce moment au bord. Dans les installations, souvent je m’identifie aux objets que je crée ; je fais des objets quotidiens et intimes mais je leur donne l’aspect étrange ou inquiétant ; changement de l’échelle, de l’attribut… Alors, dans son espace, les objets ont leur rôle pour arriver à cet instant ; le mélange de l’effroi et le désir de résignation.

En même temps, j’essaie de l’évoluer par rapport à la violence interne ; les propres souvenirs de la peur et de l’horreur ordinaire. Comme ça, mon corps est devenu l’élément central dans mes installations ; présent dans l’absence, dans les traces qui laissent supposer un acte, un passage. C’est une vision dramatique, tragique du corps :

 « Il se passe quelque chose de grave dans ma maison. »